Écrire de la fantasy : tenir un monde et le montrer
La fantasy repose sur un ensemble de règles qu'on invente, qu'on tient, et qu'on montre à un lecteur sans lui donner de manuel. Un roman de fantasy réussi n'a jamais l'air d'un cours d'histoire et tient pourtant à la ligne près quand on le vérifie. Manuscrire est un atelier d'écriture en ligne pensé pour ce travail : le manuscrit à côté de ses documents, la bible du monde tenue à jour pendant qu'on écrit, et des lecteurs qui vous disent où ils ont décroché.
Un monde crédible
Un lecteur de fantasy pardonne beaucoup au monde qu'on lui présente, à une condition : que ses règles soient tenues. Marc peut voler, avoir trois ombres, parler la langue des morts. Il ne peut pas, au chapitre trois, n'avoir plus qu'une ombre parce que l'auteur a oublié. La crédibilité d'un monde de fantasy est presque entièrement une affaire de mémoire, et c'est là qu'un outil aide.
Manuscrire propose, pour chaque projet, des documents dédiés à cet usage :
- Une fiche Canon : les faits verrouillés. La magie a un coût, la reine est morte au premier tome, les elfes ne mentent pas. Une ligne par fait, qu'on ne contredit plus ensuite.
- Une fiche Règles : les lois du monde. Ce qui est possible, à quel prix, dans quelles conditions.
- Une fiche État de l'information : qui sait quoi. Le peuple ignore que le prince est en fuite ; les mages le savent depuis un mois ; la reine mère l'apprend au chapitre douze. C'est elle qui sauve les scènes de dialogue.
- Une fiche par personnage : désir, secret, voix, et ce qu'il croit savoir à tort.
- Une fiche par lieu : géographie, climat, population, histoire. En fantasy, un lieu compte autant par son climat que par son décor.
- Un glossaire : la nomenclature (elfe, orc, mage, tradition locale) avec ses variantes et sa définition, pour qu'un lecteur ne trébuche pas sur les noms au chapitre deux.
Aucune n'est obligatoire. Vous pouvez vider, ajouter ou réordonner à volonté ; le gabarit sert de point de départ.
Le monde à côté du texte
Un auteur de fantasy connaît l'exercice : un onglet pour retrouver l'orthographe d'un lieu, un autre pour vérifier l'âge d'un personnage, un autre encore pour la règle de la magie. Manuscrire met les documents à côté du texte, dans le même écran : l'arbre des chapitres, la page en cours et la fiche consultée, sur trois colonnes réglables. On corrige la fiche dans le même geste que le texte : c'est en écrivant la scène qu'on décide que Marc a bien trois ombres.
La chronologie, l'ennemie n° 1 de la fantasy
Un cycle en cinq tomes, deux prophéties emboîtées, un personnage qui apparaît adulte au tome trois et enfant en flashback au tome quatre : en fantasy, la chronologie casse la première. Une fiche Chronologie avec les dates et les âges à chaque chapitre notable, une ligne par événement notée le jour où on l'écrit, épargne la révision affolée du tome cinq.
Le lecteur qui vous dit ce qui coince
La fantasy demande beaucoup au premier lecteur : il faut lui faire comprendre le monde sans le lui expliquer. Les endroits où il décroche, où il ne sait plus qui est qui, où un nom lui semble familier alors qu'il n'a jamais été présenté, n'apparaissent qu'à la lecture. Manuscrire place la lecture au milieu du travail : vous ouvrez les chapitres à la lecture, vous publiez au catalogue, un lecteur demande à lire, vous acceptez, il commente par phrase.
Les commentaires arrivent dans une Synthèse où chaque phrase commentée porte le nombre de retours reçus. Un « ici, j'ai cru que le prince parlait de sa mère et non de la reine » sur la troisième phrase du chapitre douze vous sert bien davantage qu'un « j'ai bien aimé » global. Chaque lecteur ne voit que ses propres commentaires, si bien que vous recevez six lectures indépendantes les unes des autres.
Publier un cycle, tome après tome
La forme naturelle de la fantasy est le cycle ou la série. Manuscrire sépare tome et chapitre dès la structure : un projet contient des tomes, chaque tome contient des chapitres. Vous ouvrez le premier tome à la lecture pendant que vous écrivez le deuxième, et les lecteurs du premier vous suivent. Les documents sont communs à tous les tomes : un cycle se tient ainsi sans recopier ses fiches.
Pour commencer
Un compte, une adresse e-mail confirmée, une idée. Vous créez votre projet, les documents se créent d'eux-mêmes, vous ouvrez le premier tome et le premier chapitre, et vous écrivez. Rien n'est payant à l'entrée : la lecture, les téléchargements, les documents et les défis d'écriture sont ouverts à tous.